Financiarisation (Réduire et Distribuer)
Aussi connu comme: Réduire et distribuer, Extraction de valeur, Critique de la maximisation de la valeur actionnariale
Formulé par
William Lazonick
(2019)
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Tiré de
Predatory Value Extraction
Définition
Un terme désignant le basculement, dans les grandes entreprises, d'un modèle « retenir et réinvestir », où les bénéfices sont conservés dans l'entreprise et réinvestis dans la R&D, les capacités de production et les salaires, vers un modèle « réduire et distribuer » (downsize-and-distribute), où les bénéfices, et parfois l'endettement, servent à financer des dividendes et surtout des rachats d'actions qui gonflent le cours plutôt que de développer l'entreprise. Le terme a été popularisé par l'économiste William Lazonick, d'abord dans « Profits Without Prosperity » (Harvard Business Review, 2014), puis développé sous forme de livre avec Jang-Sup Shin dans Predatory Value Extraction (2019) ; les deux auteurs soutiennent que ce basculement s'est accéléré après la diffusion, à partir des années 1980, de la doctrine de la « maximisation de la valeur actionnariale » comme objectif central de l'entreprise, couplée à une rémunération des dirigeants indexée sur le cours de bourse. Lazonick qualifie les versements qui en résultent d'« extraction de valeur sans création de valeur » : l'argent quitte l'entreprise plus vite qu'elle ne construit la capacité d'en générer davantage, au détriment de l'investissement de long terme, de la R&D et de l'emploi. La critique vise moins le dividende ordinaire financé par les bénéfices, que Lazonick considère comme une rémunération normale du capital, que les rachats d'actions financés par la dette, utilisés pour manipuler le bénéfice par action et soutenir la rémunération des dirigeants dans des entreprises qui, en parallèle, réduisent leurs effectifs ou sous-investissent. Ce schéma étant un phénomène réel et documenté chez certaines entreprises, il mérite d'être vérifié au cas par cas, en comparant le taux de distribution d'une entreprise à ses dépenses d'investissement et de R&D, et l'évolution de ses investissements à celle de ses effectifs, plutôt que d'être déduit d'un simple ratio de distribution.